Centre d’art ouvert 10:00-18:00
Restaurant ouvert 09:30-23:00

Architecture

Le bâtiment de la Fondation Opale s’intègre avec harmonie dans le paysage alpin. L’architecte Jean-Pierre Emery a relevé le défi d’implanter une architecture contemporaine sans modifier le paysage naturel du site avec un centre d’art à la beauté sobre. La façade en miroir, composée de panneaux photovoltaïques, disparaît pour laisser le paysage se refléter et crée un effet de trompe-l’œil, véritable jeu entre culture et nature. L’édifice est doté d’un toit végétal qui offre une vue sur le Lac du Louché et le paysage alpin environnant.

Depuis décembre 2023, la Fondation Opale a agrandi ses espaces d’accueil et propose désormais un auditoire de 124 places, une médiathèque — centre de ressources pour l’art aborigène contemporain, où archives, livres, vidéos et enregistrements audio sont consultables —, une réserve pour les œuvres de la Collection Bérengère Primat ainsi que les œuvres en prêt pour les expositions, et une salle de réunion. La nouvelle aile a été réalisée par le bureau d’architectes évéquoz ferreira architectes, basé à Sion.

Œuvres permanentes

Galalan - Darrell Sibosado

Les installations sculpturales de Darrell Sibosado remontent aux dessins traditionnels sur les Riji – ou nacre gravée – du peuple Bard, dans l’ouest de la région du Kimberley, en Australie-Occidentale. Cette installation est un hommage de l’artiste à l’histoire de Galalan, premier Ancêtre Créateur Bard à avoir pris une forme humaine. Galalan a donné aux hommes la Loi et leur a appris comment gérer et partager les ressources du Bard Burr (le territoire Bard).

Lorsqu’il vit des preuves de cupidité – des gens qui prenaient trop, qui ne récoltaient pas à la bonne saison ou au bon endroit et qui ne distribuaient pas les ressources correctement en fonction des liens de parenté et de statut –, Galalan se mit en colère contre les Bard. Il créa alors les rivières, les fleuves et les ruisseaux pour canaliser l’eau des lacs vers l’océan où il relâcha toute vie pour la rendre plus difficile à atteindre.

Le peuple se vengea en le traquant jusqu’à Gumiri (un billabong sacré) où il fut transpercé de lances puis jeté à la mer à Barrinjbarr. Il dériva sous le nom de Loolool (homme-requin-marteau) jusqu’à ce qu’il soit porté au ciel par des chants pour faire partie d’Oongoonorr (la Voie lactée) dans le Baagaranjara (où vivent ceux qui n’ont pas de corps). Il représente les endroits sombres et clairs de la Voie lactée, d’Alpha du Centaure à Antarès.

Darrell Sibosado (1966)
Peuples Bard & Noongar
Galalan, 2023
Acier Corten

Crédit photo : Nicolas Sedlatchek

Shadow creeper - Yhonnie Scarce

Yhonnie Scarce est une artiste d’origine Kokatha, Nukuu et Mirning qui travaille principalement le verre. Son art s’inspire des effets de la colonisation sur les peuples autochtones australiens, en particulier dans son territoire d’origine, l’Australie-Méridionale. Woomera, le lieu de naissance de Yhonnie Scarce, a servi de base aux essais nucléaires britannico-australiens entre 1956 et 1963.

Shadow creeper comprend environ 800 formes organiques en verre noir, irisé et transparent, soufflées à la bouche et produites en partenariat avec la galerie Ikon (Birmingham) et l’Université de Wolverhampton, dans le cadre d’une résidence artistique. Ces « gouttes de pluie » en forme d’ignames – tubercules qui constituaient la nourriture principale des communautés aborigènes vivant sur les lieux des essais nucléaires – évoquent la cristallisation du sable du désert à la suite de ces explosions. Les qualités esthétiques du matériau se confondent avec la nature politique de l’œuvre. Shadow creeper a été présentée au Palais de Tokyo à Paris pour l’exposition Réclamer la Terre en 2022.

Yhonnie Scarce (1973)
Peuples Kokatha, Nukunu & Mirning
Shadow creeper, 2022
Verre soufflé, acier inoxydable et fil renforcé

Crédit photo : Nicolas Sedlatchek

Walala Tjapaltjarri

Walala Tjapaltjarri compte parmi les dernières personnes aborigènes ayant vécu une vie traditionnelle. Avec sa famille, il rejoint la société moderne en 1984 en marchant hors du désert de Gibson à 800 km d’Alice Springs, où ils vivaient alors de manière isolée, nomades maîtrisant parfaitement la complexité de leur environnement austère. Deux ans plus tard, il commence à peindre en reproduisant les images du cycle Tingari, chants des pistes sacrés qui se rapportent aux ancêtres du Rêve (Dreaming) ayant façonné le paysage de la région, aux Lois relatives à l’initiation et aux motifs peints sur le corps lors des cérémonies éponymes. Dès la fin des années 1990, l’artiste développe son vocabulaire artistique propre, abstraction rythmique et puissamment graphique des motifs pintupi traditionnels.

Le Cube - Etienne Krähenbühl

Né en 1953 à Vevey, Etienne Krähenbühl est un sculpteur qui s’intéresse aux marques du temps dans la matière. Située entre art et science, philosophie et poésie, la démarche d’Etienne Krähenbühl est «à l’affût des phénomènes naturels, à l’écoute des grandes questions existentielles et en quête d’une sublimation poétique de la matière» (F. Jaunin).

Crédit photo : Nuno Ferreira